Volontourisme : comment l’identifier et comment l’éviter?

Volontourisme : comment l’identifier et comment l’éviter?

Article du 8 août 2025
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Volontourisme : comment l’identifier et comment l’éviter ?

Le terme volontourisme est aujourd’hui assimilé à une arnaque, un piège à touristes, un projet factice entraînant une diabolisation globale du volontariat à l’étranger. Mais qu’en est-il vraiment ? Comment démêler le vrai du faux et réussir à trouver un projet fiable ?

Pour les volontaires, le véritable défi est de distinguer les projets sincères des initiatives opportunistes. Pour les organismes sérieux qui opèrent dans ce secteur encore peu réglementé, l’enjeu est double : regagner la confiance des volontaires et continuer à construire des partenariats solides avec les acteurs locaux.

Vos inquiétudes sont légitimes. Ceux qui choisissent de s’investir à l’étranger espèrent vivre une expérience utile, humaine et porteuse de sens. Il est donc essentiel de poser des bases claires, éthiques et transparentes pour que votre engagement bénéficie réellement aux communautés d’accueil.

Dans cet article, nous allons d’abord voir ce qu’est le volontourisme et en explorer les limites, avant d’identifier les signaux à surveiller pour soutenir un projet à impact avec un organisme sérieux.

 

Sommaire

Qu’est-ce que le volontourisme ?

Volontourisme : comment choisir un projet éthique et responsable ?

Vérifier la connaissance et l’implication dans les projets

Sur le terrain : ce que vous devez vérifier

Volontourisme, une vision nuancée

 

Qu’est-ce que le volontourisme ?

volontourisme definitionLe volontourisme désigne la combinaison de deux activités : le volontariat et le tourisme. Il s’agit pour un voyageur de s’engager bénévolement, pendant une période courte ou moyenne, dans un projet à dimension sociale, environnementale ou éducative, tout en découvrant une nouvelle culture. En soi, l’idée est simple : concilier engagement solidaire et immersion locale.

 

Le terme volontourisme est devenu péjoratif dans le monde francophone, mais ce n’est pas du tout le cas dans le monde anglophone. Hors des frontières françaises, le concept de Volontourisme est considéré comme un mélange sain de bonnes actions sur le terrain et de tourisme responsable.

 

Le volontourisme : où est le vrai défi ?

Proposer aux volontaires des activités culturelles ou touristiques en marge de leur mission ne signifie pas un manque de sérieux, bien au contraire. Ces temps de découverte permettent aux participants de mieux comprendre les contextes locaux, de tisser des liens plus forts avec les communautés, et in fine, de rendre leur engagement plus pertinent.

Le vrai problème n’est donc pas dans le mélange entre tourisme et volontariat, mais dans la manière dont ce mélange est encadré, pensé et mis en œuvre.

Si le mot volontourisme soulève autant de débats, c’est bien parce qu’il regroupe des réalités très différentes. D’un côté, des projets encadrés, construits avec les communautés locales et porteurs de sens. De l’autre, des missions peu utiles, voire nuisibles. Alors comment faire la différence ?

Volontourisme : comment choisir un projet éthique et responsable ?

Faire la distinction entre les différents organismes du secteur est devenu essentiel pour trouver des projets fiables et continuer de mener des actions positives.

Avant de partir pour un projet, il convient d’analyser les pratiques de l’organisme d’envoi et de l’organisme d’accueil. Pour cela, il suffit de regarder les sites web et brochures mis à disposition, dans lesquels doivent impérativement figurer les informations suivantes :

 

Évaluer l’organisme d’envoi

1 – Transparence des coûts

Qu’ils soient associatifs ou non, les organismes d’envoi, dans le cadre de projets humanitaires, ont le devoir de transparence des frais engagés, non seulement vis-à -vis des participants mais aussi du grand public.

Si la répartition des coûts n’est pas communiquée sur les supports de communication de la structure d’envoi, il est tout à fait légitime de demander des précisions sur ce point. En particulier lorsque les structures affichent des budgets de +3000€ pour une mission sociale de 4 semaines en Afrique du Sud ou en Thailande.

 

2 – Structure commerciale ou associative ?

De manière générale, on conviendra que le secteur de l’humanitaire est peu compatible avec la distribution de dividendes. C’est même contraire à la démarche humanitaire qui implique que la totalité des revenus générés soient réinvestis dans des actions de la structure. Cela ne signifie pas qu’une structure commerciale est nécessairement peu éthique. Certaines entreprises sociales ou à impact réinvestissent intégralement leurs bénéfices dans le développement de leurs programmes.

Association ou structure commerciale, ce sont les bonnes pratiques qui comptent. La structure emploie-t-elle des personnes qualifitées en contrat ou plutôt des freelances, voire des stagiaires ? Comment communique-t-elle ses bilans d’impact ? Met-elle en avant son expertise terrain et ses actions de coopération internationales avec les communautés locales ?

 

3 – Une législation floue

La loi Anne Genetet a tenté d’établir une distinction trop nette en interdisant l’utilisation du terme “volontariat” par les structures commerciales. Si cette loi part d’une bonne intention de régulation du secteur, elle ne permet pas différencier les acteurs transparents des autres acteurs, accentuant donc encore la confusion sur le volontourisme.

Des encadrements juridiques doivent être faits en concertation avec tous les acteurs du secteur pour une plus grande transparence et pour permettre aux volontaires de faire un choix éclairé.

En l’absence d’une réélle concertation entre organismes publiques et privés en France, plusieurs petites organisations dont VVE Ecotourisme et Freepackers ont pris les devants et se sont regroupées pour élaborer une charte de l’écovolontaire et de l’écovolontariat. Cette démarche commune et concertée mets un cadre aux activités des organismes du secteur, une sorte d’engagement pour des pratiques éthiques et durables.

 

 

4 – Pratiques éthiques et responsables

Les bonnes pratiques, quel que soit le statut juridique de la structure, constituent le point sensible du débat sur le volontourisme. Une structure sérieuse doit se présenter clairement : communiquer sur son fonctionnement, ses origines, les personnes qui la dirigent, ses collaborateurs et ses engagements. Plus elle est transparente sur ces aspects, plus elle est digne de confiance.

Les questions à vous poser :

  • Où la structure est-elle implantée ?
  • Est-ce un organisme indépendant ou la succursale d’un grand groupe ?
  • Qui en est le fondateur et quel est son parcours ?
  • Les équipes connaissent-elles les projets ? Se rendent-elles sur le terrain ?
  • Les projets sont-ils suivis régulièrement ? Y’a-t-il des rapports d’impact pour mesurer les résultats ?
  • Sont-ils membres d’une confédération professionnelle ? Audités ou certifiés par un tiers ?

 

Chez Freepackers nous avons choisi de publier une charte des projets éthiques, avec des standards clairs concernant le choix des missions, le rôle des volontaires, le respect des communautés locales et l’impact réel des projets.

 

Vérifier la connaissance et l’implication dans les projets

Le volontariat sur catalogue où les organismes d’envoi listent des tonnes de projets dont ils ne connaissent que le nom, est LE véritable danger du volontourisme.

L’existence d’équipes de terrain, l’audit et le suivi régulier des projets et la coopération avec les structures locales sont des indicateurs forts du sérieux d’un organisme. C’est cette cohérence, entre discours et actions, qui garantit des projets pertinents qui répondent à un réél besoin.

L’accompagnement avant le départ est également un indicateur clé de fiabilité. Qui s’en charge ? Est-ce une équipe expérimentée ou un simple call-center ? Un accompagnement de qualité repose sur l’expertise, la connaissance des projets et un engagement professionnel.

Enfin, le processus de sélection des volontaires reflète aussi le sérieux de la structure. Certaines missions exigent des compétences spécifiques, et cela doit se traduire par des demandes concrètes : CV, extrait de casier judiciaire, entretien individuel… Un organisme qui envoie un volontaire sur une mission sociale ou éducative sans se renseigner sur son parcours ou ses motivations manque clairement de responsabilité.

 

Sur le terrain : ce que vous devez vérifier

Une fois sur place, la qualité de l’expérience repose aussi sur le sérieux de l’organisme d’accueil. C’est lui qui encadre les volontaires au quotidien, définit les missions concrètes et assure les conditions de travail et de sécurité. Là encore, certains points doivent être attentivement vérifiés avant le départ.

 

  • Les conditions de travail : Le volontaire est-il réellement utile dans son rôle ? Quelles sont ses missions ? L’équilibre entre engagement et temps libre est-il respecté ? Quels sont les témoignages d’anciens volontaires ?

 

  • La sécurité : Les volontaires reçoivent-ils une formation à leur arrivée ? Les règles de sécurité sont-elles respectées ? Les équipements et matériel nécessaire fourni ?

 

  • L’encadrement : Un coordinateur est-il présent la majorité du temps ? L’emploi du temps des volontaires est-il communiqué de manière régulière ? Quelle est la répartition des employés locaux ?

 

Les activités et loisirs sur place ne sont pas le problème. Un volontaire travaillant 30-40h par semaine mérite tout à fait de faire de la plongée le weekend ou d’organiser une excursion après son programme… En outre, la partie culturelle d’un projet humanitaire ne doit pas être négligée, plus on va vers des cultures différentes, plus on augmente ses chances de comprendre leurs challenges et donc d’être le plus efficace possible dans un travail collaboratif.

 

Volontourisme, une vision nuancée

Il est essentiel de garder un regard nuancé sur le volontourisme. Toutes les initiatives de volontariat international ne se valent pas, mais il serait injuste de les mettre toutes dans le même panier. Bien encadré, le volontariat reste une réponse concrète à de réels besoins locaux et une super occasion d’échange culturel.

Avoir un esprit critique, comprendre les dérives pour mieux les éviter, et savoir ce qu’il faut vérifier avant de partir : c’est la clé pour s’engager de manière responsable. En choisissant des structures transparentes et impliquées, chacun peut contribuer à des projets porteurs de sens redonnant un aspect positif au volontourisme.

Chez Freepackers, nous croyons à cette vision exigeante du volontariat – rejoignez-nous pour construire ensemble des projets éthiques, durables et réellement utiles !

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